A notre ami Monsieur Fernand Bourret

 

Professeur des Ecoles , élève de l'Ecole Annexe , du Cours Complémentaire et de l'Ecole Normale , membre et historien de la Belle Equipe ,humaniste, disparu ce mois de Juillet 2016

 

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Fernand Bourret (1940-2016)

A l'ami qui s'en va...

 

En novembre dernier, on saluait à Paris, la mémoire du philosophe André Glucksmann et le Docteur Kouchner a prononcé cette phrase : « A force d'aimer un homme, on le croit immortel ». Nous sommes nombreux à avoir cru Fernand Bourret immortel. Comment réaliser que cet homme prévenant entre tous, soucieux du bonheur d'autrui ait, en si peu de mois, échappé à la vigilance des siens alors qu'il avait encore tout à dire, tant à faire, à observer, à archiver, à témoigner au sens où il exerçait souverainement ses droits et ses devoirs de citoyen que l'évolution de la société inquiétait. Nous savons qu'il a enseigné des disciplines scientifiques avec finesse et ferveur mais nous savons aussi que ses intérêts, son savoir revêtaient des dimensions encyclopédiques. L'histoire, un exemple, le passionnait. Celle à laquelle il convient de faire référence pour ne pas se perdre dans le dédale de la mondialisation. Mais aussi l'histoire de son univers proche, de ses sources familiales, de ses mouvements de pensée. Songeons aux études qu'il a menées de l'institution « École normale », citons ses pages sur la « Belle équipe » dont il fut le membre et l'historiographe. Pas nostalgique, Fernand, ah non ! Juste rigoureux, scrupuleux, ferme sur les prix, viscéralement attaché à des principes moraux qui l'ont conduit très tôt, devenu enseignant, à militer au sein des Œuvres Laïques du département : P.E.P, O.C.C.E, mouvements mutualistes comme la M.G.E.N où sa sagesse, son dévouement étaient appréciés. Il a parlé de la solidarité avec le sourire, des Droits de l'Homme avec confiance, de la laïcité sans emportement, de son Ardèche sans condition et de Jean Ferrat sans désespoir.

 

Aucun de ceux qui l'ont connu ne peut oublier son regard clair, son sourire mobile, son parler calme, son articulation parfaite, sa chaleur humaine exceptionnelle. Mais quand l'Homme est entré dans notre conscience et dans notre cœur, alors nos mots éprouvent tristement leurs limites, par exemple pour dire à Michèle, son épouse, à tous les siens, la part que nous prenons de leur peine.

 

A celui qui le quittait pour un long voyage, la poétesse Desbordes-Valmore demandait notamment : « N'écris pas » cette supplique résonne comme une invite à faire silence pour garder plus intimement en nous l'image de celui qui est et qui restera « Notre Fernand ».

 

Robert Coudert   Promotion 1951-1955

 

Article publié dans le numéro de septembre-octobre 2016 du mensuel ENVOL, journal de la F.O.L de l'Ardèche.

 

 

PETIT HISTORIQUE DES ECOLES NORMALES EN GENERAL
ET DE CELLES DE L'ARDECHE EN PARTICULIER


par Fernand BOURRET




En 1833 la loi GUIZOT crée les Ecoles normales de garçons

Après quelques tentatives en l’an III et sous le premier Empire c’est sous le règne de LOUIS-PHILIPPE que le ministre de l’Instruction Publique, François GUIZOT, fait voter le 28 juin 1833, une loi qui stipule : « Tout département sera tenu d’entretenir une Ecole normale primaire soit par lui-même soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins.»
Avant cette directive 47 départements étaient déjà pourvus d’un tel établissement : la doyenne des E.N., celle de Strasbourg, datant de 1810.
La loi Guizot prévoit 2 années d’études et il faut être âgé d’au moins 16 ans pour se présenter au concours d’entrée. Les élèves-maîtres seront internes ou externes, boursiers ou élèves libres mais les boursiers signeront un contrat d’engagement de 10 ans.

En Ardèche, l’Ecole normale d’Instituteurs a été ouverte, le 4 novembre 1831, avec 11 élèves-maîtres, dans un local situé à l’emplacement de l’actuelle école du Sacré-Cœur.

 

« Dès sa naissance l’Ecole normale s’adjoint une école primaire destinée à exercer les élèves-maîtres… à la pratique des bonnes méthodes et des meilleurs procédés. »
« Mais ce local apparaît tout à fait insuffisant dès qu’une 2e année est créée, en octobre 1833… il y a 22 élèves et le dortoir ne contient que 18 lits. »

Elie REYNIER « Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche »

Dans cet ouvrage, Elie REYNIER nous donne l’horaire quotidien du normalien à l’E.N. de Privas au cours de l’année scolaire 1840-1841.

 

« Lever à 4 heures en été, à 5 heures en hiver et prière publique pour chaque culte ; chacun fait son lit et se lave. Etude de 6 h à 7 h ½, pendant laquelle une escouade de 3 élèves, renouvelée tous les 3 jours, assure le service de propreté des classes et du dortoir (1), ainsi que le sonner des lever, exercices, repas et coucher. Déjeuner à 7 h ½. Cours de 8 h à midi. Dîner à midi : chaque élève, par tour, fait la lecture, ainsi qu’au souper ; 2 élèves font le service de la table. Récréation jusqu’à 1 h ½. Cours de 1 h ½ à 6 heures. De 6 h à 7 h : pendant l’hiver, étude ou dictée ; en été, conférence pour chaque division. A 7 h souper et récréation. A 8 h ½, lecture de piété et prière publique. A 9 h, coucher. »



Elie REYNIER ajoutera plus loin :

« L’horloge, la cloche et le tambour figurent parmi les objets symbolisant l’Ecole normale d’alors. »




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Au printemps 1844, commenceront les travaux de construction, rue de la Recluse, d’une nouvelle Ecole normale où les normaliens feront leur entrée en octobre 1846.

L’E.N. sera, par la suite, agrandie à plusieurs reprises et les élèves de la promotion1956-60 seront les témoins de la dernière extension avec la construction, dans les années 1956-58 d’un bâtiment abritant des chambres, une salle de classe réservées aux élèves-maîtres de 4e année et un gymnase.

A leur sortie de l’Ecole normale les maîtres sont recrutés par les communes qui, toujours d’après la loi GUIZOT de 1833, si elles ont plus de 500 habitants, sont dans l’obligation d’ouvrir une école de garçons, dont la fréquentation est facultative, d’entretenir les locaux et de rémunérer les maîtres.
L’obligation d’ouvrir une école de filles ne s’impose qu’aux communes de plus de 800 habitants.

En 1851,  l’âge minimum des recrues est relevé à 18 ans, au lieu de 16, et la scolarité est portée à 3 ans mais le concours d’entrée est supprimé au profit d’une enquête de moralité qui doit permettre de déceler la vocation du candidat.
Le 31/10/1854 une instruction ministérielle précise que, dorénavant, les candidats devront satisfaire, en plus de l’enquête de moralité, à un examen individuel qui évaluera leur niveau en lecture, orthographe, sur les 4 règles (arithmétique) et l’histoire sainte.
En 1866 Victor DURUY, ministre de l’Instruction Publique, rétablit le concours et la circulaire du 19 mars 1868 ramène à 16 ans l’âge d’admission.


En 1880 ouverture de l’ Ecole normale d’institutrices de Privas

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Le 9 août 1879, Jules FERRY, ministre de l’Instruction Publique et Paul BERT font voter une loi qui impose à chaque département d’avoir une Ecole normale de filles et une Ecole normale de garçons.
Suite à cette loi la ville de Privas acquiert au quartier de Bésignole une maison et un terrain de 5300 m2 pour l’établissement d’une Ecole normale d’Institutrices. La première promotion de normaliennes y est installée en décembre 1880. Des travaux d’agrandissement sont immédiatement entrepris et, en 1882, les trois promotions peuvent être accueillis à Bésignole. Le 1er décembre 1883 l’école annexe de filles est également installée.

A cette date seuls sept départements ne possèdent pas encore d’E.N.G. mais les E.N. de filles ne dépassent pas la vingtaine. Grâce à la loi de Jules FERRY, 10 ans plus tard, presque tous les départements seront pourvus d’une E.N.F.

 

Ferdinand BUISSON : une personnalité exceptionnelle qui fut, pendant 17 ans le Directeur de l’enseignement primaire. Nommé en 1879, il souhaite substituer à l’histoire sainte dans l’enseignement primaire, une instruction morale indépendante de la tradition judaïque et de tout dogme théologique.

Il disait de l’école laïque qu’elle devait « prendre l’être humain pour lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même ; qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite, d’un maître, d’un chef, quel qu’il soit, temporel ou spirituel. »

Député radical-socialiste, il est l’un des fondateurs de la Ligue des Droits de l’Homme et sera prix Nobel de la Paix en 1927

 

undefinedL'Ecole Normale de filles, (aujourd'hui IUFM) de Privas


« Après que furent construites et aménagées les E.N. d’Institutrices dans l’Ardèche et la Drôme, l’idée vint à quelques-uns… de réaliser une simplification et des économies en réunissant [à Valence] les deux E.N. de garçons et à Privas les deux autres (ou inversement). »

Elie REYNIER « Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche »


Ce projet n’aboutira pas mais la fusion sera effective pour d’autres départements : pour le Vaucluse et les Basses-Alpes, par exemple, les filles seront accueillies à Digne et les garçons à Avignon.


Le vote des lois scolaires et les nouvelles conditions d’accès à l’E.N.

En 1881 et 1882 Jules FERRY fait voter 2 lois importantes pour l’enseignement primaire : la loi du 16 juin 1881 proclame la gratuité de l’école publique et, avec la loi du 28 mars 1882, l’école devient obligatoire (de 6 à 13 ans) et laïque .
L’entrée à l’Ecole normale est alors soumise à un concours préparé dans les Ecoles Primaires Supérieures et ouvert aux candidats, et candidates, âgés de 15 à 18 ans et détenteurs du certificat d’études. Les normaliens passent le Brevet Elémentaire (B.E.) à la fin de la 1ère année et le Brevet Supérieur (B.S.) à la fin des 3 années de scolarité. A partir de 1888 il faudra être titulaire du B. E. pour pouvoir passer le concours d’entrée et, en 1905, les 2 premières années seulement seront consacrées à la préparation du Brevet supérieur, la 3e année, réservée à l’approfondissement de la culture générale et à l’éducation professionnelle, conduira au Certificat de Fin d’Etudes Normales (CFEN). Ce système de recrutement permettra à de nombreux élèves des milieux populaires d’accéder, grâce à la gratuité des études à l’E.N., au métier d’enseignant.


« Les promotions sont composées d’élèves provenant d’Ecoles Primaires Supérieures. Dans les milieux ouvriers et paysans, le concours d’entrée à l’Ecole normale jouit d’un prestige considérable. Quel bonheur et quelle fierté pour des pères et mères de voir l’un de leurs enfants accéder à la fonction noble et respectée de maître d’école ! » nous dit Alain VINCENT dans son ouvrage : « L’Ecole Normale »

La formation à l’E.N. à la fin du XIXe siècle

La fonction fixée aux futurs maîtres est d’importance : il s’agit de former des citoyens respectueux du régime républicain, défenseurs fidèles de la Patrie. L’école doit concourir efficacement à l’unité de la Nation. Les « hussards noirs de la République » s’acquitteront avec zèle de leur mission. A l’Ecole normale le travail est intense, essentiellement livresque : la journée commence très tôt le matin et se termine fort tard le soir : l’Ecole normale est un véritable monastère laïc.

 

« L’administration, toujours présente, imprègne les élèves de ses préceptes officiels, de son catéchisme, développe les habitudes de soins, d’hygiène, de bonne tenue vestimentaire, de respect de soi, des autres, des biens privés et du bien public. Elle impose les qualités morales d’ordre, de labeur, de civilité dans l’existence quotidienne. Elle évoque la prudence, la bienséance, la politesse, l’obéissance, le ténacité, la dignité. Un véritable cheminement intérieur, réfléchi, accepté, intériorisé, se met en place. Les jeunes normaliens… appartiennent à un monde à part. Disons-le simplement : la République comme tout régime est créatrice d’élites. Les hussards noirs en sont une et non des moindres. »



(La grande aventure des Ecoles normales d’instituteurs Christian BOUYER Le Cherche Midi 2003)  
 

« La République a fait l’école, l’école fera la République. »
(La Revue Pédagogique d’octobre 1883)



Les Hussards noirs de la République

undefined Charles PEGUY évoque ici les normaliens, « les hussards noirs », qui viennent en stage dans sa classe de l’Ecole annexe de l’Ecole normale d’instituteurs d’Orléans qu’il fréquente en 1879, âgé de 6 ans. Le terme de « Hussards noirs de la République » sera souvent repris par PEGUY et deviendra une formule emblématique maintes fois réutilisée.

 

« De jeunes maîtres de l’Ecole normale venaient chaque semaine nous faire l’école. Parlons bien : ils venaient nous faire la classe. Ils étaient comme les jeunes Bara de la République. Ils étaient toujours prêts à crier : « Vive la République ! Vive la Nation ! »… Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs. Sveltes, sévères, sanglés, sérieux, et un peu tremblants de leur précoce, de leur soudaine omnipotence. Un long pantalon noir, mais je pense, avec un liseré violet. Le violet n’est pas seulement la couleur des évêques, il est aussi la couleur de l’enseignement primaire. Un gilet noir. Une longue redingote noire, bien droite, bien tombante, mais deux croisements de palmes violettes au revers. Une casquette plate, noire, mais un croisement de palmes violettes au-dessus du front. Cet uniforme civil était une sorte d’uniforme militaire encore plus sévère, encore plus militaire, étant un uniforme civique. Quelque chose, je pense, comme le fameux cadre noir de Saumur. Rien n’est beau comme un bel uniforme noir parmi les uniformes militaires. C’est la ligne elle-même. Et la sévérité. Porté par ces gamins qui étaient vraiment les enfants de la République, par ces nourrissons de la République, par ces hussards noirs de la sévérité. Je crois avoir dit qu’ils étaient très vieux. Ils avaient au moins quinze ans. Toutes les semaines il en remontait un de l’Ecole normale vers l’Ecole annexe ; et c’était toujours un nouveau ; et ainsi cette Ecole normale semblait un régiment inépuisable. Elle était comme un immense dépôt, gouvernemental, de jeunesse et de civisme. Le gouvernement de la République était chargé de nous fournir tant de sérieux. Cette Ecole normale faisait un réservoir inépuisable…
Ces instituteurs étaient sortis du peuple, fils d’ouvriers mais surtout de paysans et de petits propriétaires… Ils restaient le même peuple, nullement endimanché, je vous prie de le croire, mais seulement un peu plus aligné, un peu plus rangé, un peu plus ordonné dans ces beaux jardins de maisons d’école. » 


(Charles PEGUY « L’Argent »)



En 1919 la France manque d’instituteurs il faut donc recruter des suppléants pour que chaque classe ait un maître. A partir de cette époque on peut, pour devenir instituteur, soit choisir « la voie royale » (l’E.N.), soit passer par « la petite porte » c’est-à-dire avec le B.E. ou le B.S. faire, pendant quelques années, des suppléances avant d’être titularisé. « Ces 2 voies d’accès définissaient 2 catégories d’instituteurs qui, tout au long de la carrière, restaient largement étrangères l’une à l’autre » nous disent Jacques et Mona OZOUF dans « La république des instituteurs » .

C’est une loi de 1923, complétée par un décret de 1927, qui offrira la possibilité aux suppléants d’être admis à suivre, pendant une année, les cours et exercices d’une Ecole normale en qualité d’auditeurs.
En 1937, sous le Front Populaire, Jean ZAY ministre de l’Education Nationale, préparera un projet, qui n’aboutira pas, et qui visait, tout en maintenant les Ecoles normales, à envoyer les normaliens préparer le bac sur les bancs du lycée afin de supprimer « le vase clos ». Après l’obtention du bachot ils passeraient 2 années de formation professionnelle à l’E.N. devenue « Institut de formation pédagogique ».  


En 1940 le régime de Vichy supprime les E.N.

Le 18 septembre 1940 le régime de Vichy supprime les Ecoles normales et la loi du 28 novembre 1940 prévoit, qu’à l’avenir, les élèves-maîtres recrutés seront scolarisés au lycée pendant 3 ans pour préparer le baccalauréat et recevront par la suite une formation professionnelle. (Le B.S. est supprimé)
Elie REYNIER, dans son ouvrage « Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche », précise :

 

« Cette suppression retentissante [est la conséquence] de deux griefs officiels et réitérés, l’un politique, l’autre pédagogique.
Les E.N. étaient :
1) Des foyers de communisme
2) Des séminaires laïques, des vases clos. »


Après avoir démontré l’absurdité de ces deux affirmations, Elie REYNIER poursuit :
 

« [ces] griefs publics, mensonges ou sottises… dissimulent mal, le véritable crime des E.N., celui que nul n’osait formuler. Par leur origine sociale (ruraux, ouvriers, petits fonctionnaires), par leur travail déjà à demi adapté au milieu, leur espoir dans le progrès, le retour et la vie des jeunes maîtres parmi les ouvriers et les paysans, les E.N., sont toujours restées une institution démocratique et laïque . Rien de plus, mais rien de moins. De là les terreurs, sincères ou feintes, et les haines. »



A la suite de cette suppression les 10 normaliens ardéchois de la promotion 1940-44, qui avaient été admis en juin au concours d’entrée, sont envoyés, en octobre 1940, au Lycée de Tournon en classe de seconde pour y préparer le baccalauréat avant d’effectuer une année de formation professionnelle à Valence (avec les normaliens de la Drôme). Les normaliens de 2e et 3e années achèveront leurs études à l’E.N.
C’est au lycée de Tournon que la « BELLE EQUIPE » sera créée par un groupe de normaliens et de lycéens au cours de l’année scolaire 1942-43.

A la Libération les ordonnances du 9 août 1944 et du 31 mars 1945 rétablissent les E.N. dans leur statut d’avant 1940.

L’E.N. de Privas rouvrira à la rentrée 1945 et, le 21 décembre 1945, à l’occasion de cette réouverture, une grande fête, placée sous la présidence du Recteur, et au cours de laquelle se produira la
« BELLE EQUIPE », sera organisée à l’E.N. de garçons. Cette année-là, seules les promotions de 4e et 1ère années rejoindront l’E.N., les 2e te 3e années restant encore un an au lycée de Tournon.
Dans les années d’après-guerre et jusqu’en 1970 les élèves-maîtres seront recrutés de 2 manières différentes :
      - soit par concours après la classe de 3e : la durée des études à l’E.N. est alors de 4 années : les 3 premières années sont consacrées à la formation générale et à la préparation des 2 parties du baccalauréat, la 4e année est réservée à la formation professionnelle.
      - soit, toujours par concours, après le baccalauréat : les élèves-maîtres effectuent alors une année de formation professionnelle en général avec les normaliens de 4e année entrés à l’E.N. après la classe de 3e.

Durant cette période on pouvait également, en étant titulaire du baccalauréat, demander à faire des suppléances et, après un stage de 6 mois à l’E.N., on passait le C.A.P. et l’on était titularisé dans le corps des instituteurs.


Les normaliens des années 46-60 : en cravate et blouse grise
 

« Les élèves qui sont passés par l’Ecole normale de 1946 à 1960 environ gardent le sentiment d’avoir bénéficié d’une poussée institutionnelle et légitime. Le recrutement demeure parfaitement homogène… concours en fin de 3e avec les Cours Complémentaires comme enrôleurs attitrés. L’obtention du baccalauréat… donne des possibilités et des idées de diversification. L’année de formation professionnelle post-baccalauréat, aboutissant au Certificat de Fin d’Etudes Normales, a des allures de neuvaine préparatoire, avec un contenu d’enseignement aussi décousu que parcellaire, une vie mi-active, mi-protégée, l’octroi d’un salaire autoritairement diminué du prélèvement automatique d’un pécule de fin d’année. Elle est vécue comme une période d’expectative… où l’on jouit d’un statut… de grande personne toujours mineure mais pour peu de temps encore. Tous les éléments sont réunis pour donner à la scolarité à l’Ecole normale l’apparence d’un temps inachevé, d’un cycle d’études aussi libre qu’un autre, et même, paradoxalement, plus libérateur qu’un autre, orienté vers une sorte de promotion généralisée des plus méritants du premier cycle en général et des Cours Complémentaires en particulier, que rien n’oblige à s’arrêter là pour peu que les circonstances s’y prêtent. »


(.Y. DELSAUT « La place du maître. Une chronique des Ecoles normales d’instituteurs » )

Le concours d’entrée après la classe de 3e est supprimé en 1977

Les normaliens de la promotion 1965 – 1970, toujours recrutés au niveau du B.E.P.C., seront les premiers à bénéficier de 2 années de formation professionnelle. Ils resteront donc 5 ans à l’E.N. (témoignage de CELMA, promo 65-70).
A la rentrée 1969, Marc LANTHAUME fait partie de la dernière promotion recrutée au niveau du B.E.P.C. et qui préparera le baccalauréat à l’E.N. et effectuera 2 années de formation professionnelle.
La promotion suivante (70-75) est toujours recrutée au niveau du B.E.P.C. mais les normaliens qui ont réussi au concours préparent le bac au lycée et rejoignent l’E.N. pour 2 années de formation professionnelle.
En 1974 l’Ecole normale de garçons est fermée et , pour les 2 ans de F.P., normaliens et normaliennes sont regroupés à l’Ecole normale d’institutrices à Bésignole.
A la rentrée 1977 le concours d’entrée à l’E.N. à l’issue de la classe de 3e est supprimé et les instituteurs sont alors recrutés par concours parmi les bacheliers avec toujours 2 ans de formation professionnelle.
Dès 1979 Christian BEULLAC, ministre de l’Education Nationale, décide que la formation professionnelle se déroulera sur 3 années, avec intervention, les 2 dernières années de l’Université, et préparation d’un D.E.U.G. « Enseignement du 1er degré ».
En 1984 ce D.E.U.G. est supprimé : les élèves-instituteurs préparent le D.E.U.G. de leur choix et la formation, D.E.U.G. compris, dure 3 ans.
En 1986 pour se présenter au concours il faudra être titulaire d’un D.E.U.G. universitaire ou d’un diplôme admis en équivalence. La formation professionnelle à l’Ecole normale est alors de 2 ans.



Le jour où la transformation des E.N. se posera…

Bien avant leur disparition définitive en 1991 le problème de la suppression des E.N. a été évoqué à plusieurs reprises. Ainsi en 1934 une proposition de loi fut déposée qui vise à « réserver l’accès à l’Ecole normale à des candidats titulaires du baccalauréat ou du brevet supérieur ».

Un journaliste de « La Dépêche de Toulouse » écrit alors

 

« Pour que la culture des normaliens soit plus large encore est-il nécessaire de les transplanter dans les lycées ?… Ceux qui en sont persuadés oublient peut-être les vertus formatrices d’un milieu, d’une école qui réunit pour une vie commune, en leur laissant d’ailleurs une liberté croissante, des jeunes gens de même vocation. Faut-il compter pour rien le frottement de leurs cervelles, hantées des mêmes préoccupations,… les traditions qu’ils ruminent ensemble, les expériences pédagogiques qu’ils mènent dans les écoles annexes et dont ils discutent les résultats, à la table du réfectoire. Faut-il ajouter que, recrutés dans la région et destinés à enseigner le plus souvent dans la région où est installée leur école, ils sont tout préparés à connaître les préoccupations habituelles du milieu rural où ils vivent ?
Nous savons bien que cet esprit normalien, beaucoup de gens, à notre époque, laissent entendre que c’est un très mauvais esprit, dangereux pour la propriété, la Patrie, la République… Et le jour où la transformation des E.N. se posera, il n’est pas douteux que ce sentiment-là veillera au grain et poussera à la suppression. »

(Article cité par E. REYNIER dans « Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche ». Les mots en gras ont-ils été soulignés par l’auteur ou par E. REYNIER ?)

En 1991 suppression des Ecoles normales

A partir de la rentrée 1991, plus d’un siècle et demi après leur création, les Ecoles normales sont supprimées et remplacées par les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (I.U.F.M.) C’est Lionel JOSPIN, alors ministre de l’Education Nationale, qui, dans une loi publiée le 14 juillet 1989 (un anniversaire qui ne s’oublie pas), décide de la création des I.U.F.M.
Il s’agit cette fois d’une véritable innovation puisque tous les enseignants du 1er et du second degré (de la maternelle à la terminale) auront le même niveau de formation, les candidats ayant à choisir leur filière au moment de faire acte de candidature. La carrière d’un instituteur, appelé désormais « professeur des écoles » est alignée sur celle des professeurs du second degré.
Après une expérimentation, à la rentrée 1990, dans 3 académies (dont Grenoble) l’installation généralisée des I.U.F.M. est effective à la rentrée 1991.

Le recrutement des futurs  professeurs des écoles  sera ouvert aux titulaires d’une licence qui suivront une formation de 2 années dans les I.U.F.M.
L’entrée en première année d’I.U.F.M. ne se fera pas sur concours mais dépendra d’une sélection sur dossier : elle conduira au concours de professeur des écoles. Il sera cependant possible de passer le concours sans suivre cette année de préparation.

En 2004, en Ardèche, les futurs professeurs des écoles, suivent leur année de formation professionnelle dans les locaux de l’ancienne Ecole normale d’institutrices à Bésignole où s’est installé l’I.U.F.M.



Qu’est devenue l’Ecole normale d’instituteurs de Privas ?

Les bâtiments de l’ancienne Ecole normale de garçons et de l’école annexe étant la propriété du département, le Conseil Général a décidé de démolir les locaux de l’école annexe et le bâtiment qui bordait la rue de la Recluse (où étaient logés le Directeur et l’Econome) pour construire des bureaux qui sont occupés, en 2004, par la Direction de la Solidarité Départementale.
Dans les anciens bâtiments de l’E.N. sont installés des services du Conseil Général et, dans la cour ainsi que sur le terrain de sport, un parking a été aménagé.


 
Fernand BOURRET (E.N.I Privas 1956-60)     

 

 

 

   

 

 

                                                                            La Belle Equipe
    
    
    
                                                              chant 21                       chant 21
    
                                      
                 

 

                                                                                  Belle equipe

 

 

                                                                                

Belli 1

 

 

                     

En 2

                    

                                 Dagobert 1

1956/57

 

 

 

 

 

Bourret 7

Debouts : Saksik, Illy, Rosset, Bourret, Audras,                     

Devant : Sagnes, Villerme, Villa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1958/59

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Accroupis : Fernand Bourret, Illy, Roger Gimbert, André Sagnes ;

Debouts : Robert Villa, Morel, Jean-Claude

 

 

Recluse 1

 

 

Recluse 2

Photo Archives Fernand Bourret , Texte Jean - Paul Perrier

 

 

 

 

                                                             Fernand dans sa classe au champ de Mars

 

Bourret class

 

 

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                                                           Le " Ben Nevis " de Fernand

 

 

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