Le British Museum, en partenariat avec les cinémas Pathé et quelques indépendants proposait de suivre son exposition événement sur les Vikings. Les vikings : vie et légende , réalisé par John Roney, nous emmènent des rives de la Baltique à la Méditerranée, de l’Arctique à la Caspienne, sur les traces des fiers guerriers et des intrépides marchands scandinaves.

L’exposition s’ouvre sur un poème norrois. Les poèmes rythmerons les différentes séquences du reportage. Ces poèmes fait de rage et de bravoure évoquent tous les aspects de la vie des vikings, la guerre et les pillages bien sur, mais aussi l’amour de la mer, les femmes et l’importance des funérailles. Le premier objet présenté est une broche figurant un bateau viking, preuve nous dis le commentateur, que la mer est au cœur du quotidien. En effet, les broches pour tenir les tuniques ne sont à la base que des objets pratiques. Ainsi, décider de les décorer et à fortiori d’y appliquer une représentation de la vie maritime est une démonstration du lien très fort unissant les peuples scandinaves et la navigation. À propos des proues des navires en forme de dragon, l’historien nous dis qu’il ne faudrait pas considérer que les vikings vivaient leur mythologie comme du folklore mais que les créatures qui hantaient leur imaginaire devait belle et bien faire partie intégrante du monde réel. Pour les vikings, cette réalité intangible était véridique car de nombreux témoignages, souvent vécus en pleine tempête et dans la peur, relataient des rencontres incroyables.

                                     

Remontant le cour des grands fleuves comme la Volga ou la Seine, les vikings attinrent à l’apogée de leur aventure des terres aussi lointaines que Constantinople ou la Sicile. C’est pourquoi l’on retrouve des objets de manufactures scandinaves dans le sud de l’Europe, ou bien que le British Museum peut exposer un magnifique manche d’épée d’inspiration arabe retouché plusieurs fois pour y inclure des touches d’arts danois. L’exposition fait la part belle à la vision traditionnelle que l’on a du peuple viking jouant sur l’aspect spectaculaire des raids et du souvenir des invasions laissés dans l’imaginaire collectif. Tous les chercheurs semblent exaltés par cet aspect des choses, l’un d’eux se laissant dire que « génocide » et « poésie » ne sont pas incompatible (sic), évoquant les vers des poètes vikings. Un autre s’habillant comme un viking pour mieux les comprendre avoue y prendre un plaisir enfantin. Le clou de l’exposition est d’ailleurs ce qu’il reste d’un navire de guerre de plus de 30 mètres.

                                      

Il n’en reste pas moins que l’équipe du British Museum fait l’effort de nuancer ces propos. Les vikings n’étaient pas que des hordes sauvages déferlant sur l’Europe et le Monde. De nombreux chefs viking s’installèrent et épousèrent même les coutumes des peuples vaincus. Ainsi, Knut le Grand devint le premier roi à unifier l’Angleterre. Il se convertit au catholicisme et figure en bonne place parmi les donateurs aux monastères. Une gravure le montre donnant d’une main une énorme croix en or et tenant de l’autre main son épée. Les vikings savaient aussi faire preuve de sagesse. Une légende prétend que Knut le Grand, pour remettre à leur place des partisans flagorneurs, fit installer son trône au bord de la mer et lui intima l’ordre de s’écarter. Évidemment, la mer ne s’ouvrit pas en deux, et Knut déclara qu’il y a avait même des limites aux pouvoirs d’un roi.

                                

Les femmes, qui vraisemblablement ne combattait pas, n’en étaient pas moins considérées au sein de la communauté. On a retrouvé récemment une figurine de femme portant une épée alors que l’on pensait jusqu’alors que seul les Valkyries, compagnes d’Odin se battaient avec leurs lances et venait choisir sur le champ de bataille, les guerriers qui devaient mourir. Elles avaient la charge du foyer et géraient les affaires en l’absence de leur mari. Il n’y a ici rien de bien exceptionnel dans une société patriarcale où la femme n’a de responsabilité qu’en l’absence de l’homme. Cependant, la société viking diffère à cet égard par le respect dû aux femmes pour leurs savoir-faire de guérisseuses et de magiciennes. Ce sont elles qui président aux cérémonies funéraires et aux rites religieux. Allongé dans une embarcation, le défunt viking était accompagnés d’objet que l’on jugeait important pour lui, voire parfois d’esclaves sacrifiés. Le bateau était ensuite recouvert de terre pour former un tumulus. Jusque dans la mort, les vikings naviguaient.

                                       

Les vikings : vie et légende est le deuxième reportage filmé en live par le British Museum. On peut dire que l’expérience est réussi, le spectacle étant à la fois rythmé et intéressant, bien articulé entre les explications théoriques et les présentations des pièces de l’exposition. Sur un ton bon enfant, les différents intervenants vulgarisent leur sujet sans tomber dans la simplification. Le documentaire fera certainement l’objet de rediffusion sur petit écran. Passionnés d’histoire, ne les manquez pas !

Boeringer Rémy

Retrouver ici la bande-annonce :