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                           L'Ecole Normale de garçons

 

 

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                                    Ne sont jamais à l’envers

                                     les oeuvres de Prévert

 

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Monsieur JEAN PALMERO (1912-1999)                      

 

Jean palmero                                                   

 

Directeur de l'Ecole Normale                        

 

 

 

 

 

 

Evoquer jean Palméro, huit ans après sa mort, demeure pour moi bonheur et tristesse. Bonheur, parce que partout où il est passé, cet homme a rayonné par l'élégance de l'attitude, de la pensée, de l'action et qu'il est émouvant de le rappeler. Tristesse - et j'en parle à titre personnel - parce qu'après m'avoir tant d'années accordé son amitié, il est mort alors que j'étais depuis quelques jours très loin de Paris, le 15 janvier 1999, et que je n'ai pas pu l'accompagner au cimetière parisien d'Ivry.

 

Quiconque l'a connu à l'E.N. de Privas ne peut l'oublier. Ce regard pénétrant de Méditerranéen, cette voix brève, persuasive, cette confiance qu'il témoignait à chacun d'entre nous, cette façon de rendre responsables de leur vie des adolescents tout juste sortis du B.E.P.C., cette constante fermeté dans les idéaux républicains et démocratiques, cette constance dans la fidélité aux Associations départementales des Causes Laïques, sans compter son expérience de parlementaire attaché à la souveraineté du peuple, cela fait de lui un directeur d'Ecole Normale d'une exceptionnelle dimension. Comme il nous respectait éminemment en nous chargeant de la formation des enfants que nous aurions un jour à éduquer, nous lui rendions aisément cette considération. Pas une prestation de la « Belle Equipe » dans le département sans qu'il y fût; pas une manifestation à caractère social ou mutualiste, en Ardèche, sans qu'il y participât. Il est resté toute sa vie un militant dont la caractéristique principale est, à coup sûr, la dignité.

 

 

 

Je vins à Paris en 1968-69, effectuer un stage d'une année à St Cloud. Il attendait ma visite qui ne tarda pas. Quittant Paris et mettant de côté son passage au Palais Bourbon sous les couleurs socialistes, il avait pris la direction de l'E.N. de Troyes. Mais, pour favoriser les études de sa fille Danielle, il avait ensuite opté pour un poste d'I.D.E.N à Paris. Il recevait, soit dans l'appartement qu'il occupait rue des Laitières à Vincennes, en compagnie de Mme Palméro et de Danielle, soit, un peu plus tard, dans son bureau de la rue de Picpus. (XIIe arrondissement). Il était un conseiller hors pair pour le débutant - dans une nouvelle fonction - que j'étais et j'ai pu mesurer alors l'attachement que lui portaient les enseignants de sa circonscription, une circonscription qu'il arpentait de son pas décidé, avec sa gravité souriante et le souci de comprendre et d'être compris. Il faisait souvent allusion à ses origines ouvrières pour justifier son propre appétit de justice sociale et sa confiance, en ce sens, dans l'efficacité du système scolaire. Ses qualités de pédagogue et sa grande humanité furent mises en relief lors de la cérémonie du départ à la retraite à la mairie du XIIe arrondissement; j'y assistais,,, un peu dépité de n'avoir pas à m'exprimer sur le Directeur d'Ecole Normale qu'il avait été dans le passé, mais on fêtait le fonctionnaire parisien.

 

 

Il avait quitté Vincennes pour venir demeurer dans le XVe arrondissement, rue Franquet. La mort brutale de sa fille unique en 1988 le frappa de plein fouet. La force de caractère bien connue lui donna le courage de veiller sur la scolarité de sa petite-fille Vanessa dont l'affection ne lui manqua jamais. Je garde le souvenir de ce couple charmant que j'aimais côtoyer et qui vint assister à mon propre départ en retraite à l'Ecole Normale de Livry-Gargan (Seine Saint-Denis) en juin 1991

28 juin 1991 - De gauche à droite : M. Vincent, Maire de Livry-Gargan, Robert Coudert, Jean Palméro, assis, appuyé sur sa canne. Mme Soulier Principale du Collège et maire adjointe de Livry-Gargan. 

 

 

 

Dans les années 1990, les problèmes de locomotion l'obligèrent à limiter ses déplacements : la hanche le faisait souffrir. Nous avions l'habitude de nous retrouver à « La Chope d'Alsace », place de l'Odéon où nous déjeunions joyeusement. Il y venait par métro et moi par R.E.R. Un mercredi, à midi et demie il n'était pas encore là ; je le vis monter avec peine les marches de la station et je compris qu'une page se tournait, qu'il entrait dans un âge où sa liberté d'existence était menacée. Nos entretiens devinrent téléphoniques, car il répugnait à faire montre de ses difficultés de santé. J'ai sous les yeux un mot laconique de lui, peu avant l'échéance : « /... / ma santé n'est pas brillante mais je fais avec. » C'est bien cela, il a toujours «fait avec», aux temps du bonheur, sans en tirer gloire, comme aux moments où le courage s'imposait.

 

Comme beaucoup d'enseignants, j'avais acheté en 1958 l'«Histoire des Institutions et des Doctrines Pédagogiques par les textes» (Sudel). Ce précieux livre, « né de son absence » comme il l'écrit dans l'avant-propos. Il y a là une mine d'informations classées, commentées avec une précision sans égale, depuis l'enseignement dans la Grèce Antique jusqu'au mouvement d' "Education Nouvelle". Ce livre est tout Jean Palméro : Ne rien avancer qui ne soit corroboré par des documents, des événements, des points de vue de pédagogues : l'intégrité jusqu'au bout. On n'aura garde d'oublier que sa formation universitaire fut littéraire et philosophique. Devenu Docteur es-lettres, il avait publié en 1955, en collaboration avec Simon Lantieri, professeur de philosophie au Lycée de Valence, la « Philosophie par les textes », deux tomes parus chez Sudel, préfacé par Gustave Monot, directeur général de l'enseignement du second degré. Là, déjà, les développements des auteurs s'appuyaient sur des écrits authentiques. S'y exprime le souci pédagogique d'ouvrir le lycéen, l'étudiant, à la connaissance des théories philosophiques, sociologiques les plus récentes, d'insister sur l'éducation de la volonté, sur l'intérêt des grandes doctrines de la vie morale, sur l'idée de responsabilité, de communauté, sur l'évolution du concept de démocratie. Commentateur lucide des philosophes, des grands pédagogues, Jean Palméro n'a jamais cessé d'apparaître comme un moraliste de l'éducation.

 

Nul doute qu'il a passé à Privas ses meilleures années - où il avait alors tout loisir de voir sa délicieuse fillette, Danielle, virevolter dans les jardins de l'E.N. - Il me l'a dit et redit.

 

Il me savait proche du couple LEGENDRE (M. Legendre était - fait du hasard - Inspecteur d'Académie dans le Val d'Oise où j'exerçais après avoir été, vingt ans plus tôt, mon professeur de français à l'E.N. de Privas) et il me chargeait de messages à son intention, et vice-versa. A ce jour je reste le seul élément vivant du quatuor d'ex-Ardéchois exilés à Paris...

 

Il était bien temps de témoigner.

 

Robert COUDERT

Promotion 1951-55

E.N. De Privas

 

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A notre ami Fernand Bourret disparu ce mois de Juillet 2016

 

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Fernand Bourret (1940-2016)

A l'ami qui s'en va...

 

En novembre dernier, on saluait à Paris, la mémoire du philosophe André Glucksmann et le Docteur Kouchner a prononcé cette phrase : « A force d'aimer un homme, on le croit immortel ». Nous sommes nombreux à avoir cru Fernand Bourret immortel. Comment réaliser que cet homme prévenant entre tous, soucieux du bonheur d'autrui ait, en si peu de mois, échappé à la vigilance des siens alors qu'il avait encore tout à dire, tant à faire, à observer, à archiver, à témoigner au sens où il exerçait souverainement ses droits et ses devoirs de citoyen que l'évolution de la société inquiétait. Nous savons qu'il a enseigné des disciplines scientifiques avec finesse et ferveur mais nous savons aussi que ses intérêts, son savoir revêtaient des dimensions encyclopédiques. L'histoire, un exemple, le passionnait. Celle à laquelle il convient de faire référence pour ne pas se perdre dans le dédale de la mondialisation. Mais aussi l'histoire de son univers proche, de ses sources familiales, de ses mouvements de pensée. Songeons aux études qu'il a menées de l'institution « École normale », citons ses pages sur la « Belle équipe » dont il fut le membre et l'historiographe. Pas nostalgique, Fernand, ah non ! Juste rigoureux, scrupuleux, ferme sur les prix, viscéralement attaché à des principes moraux qui l'ont conduit très tôt, devenu enseignant, à militer au sein des Œuvres Laïques du département : P.E.P, O.C.C.E, mouvements mutualistes comme la M.G.E.N où sa sagesse, son dévouement étaient appréciés. Il a parlé de la solidarité avec le sourire, des Droits de l'Homme avec confiance, de la laïcité sans emportement, de son Ardèche sans condition et de Jean Ferrat sans désespoir.

 

Aucun de ceux qui l'ont connu ne peut oublier son regard clair, son sourire mobile, son parler calme, son articulation parfaite, sa chaleur humaine exceptionnelle. Mais quand l'Homme est entré dans notre conscience et dans notre cœur, alors nos mots éprouvent tristement leurs limites, par exemple pour dire à Michèle, son épouse, à tous les siens, la part que nous prenons de leur peine.

 

A celui qui le quittait pour un long voyage, la poétesse Desbordes-Valmore demandait notamment : « N'écris pas » cette supplique résonne comme une invite à faire silence pour garder plus intimement en nous l'image de celui qui est et qui restera « Notre Fernand ».

 

Robert Coudert   Promotion 1951-1955

 

Article publié dans le numéro de septembre-octobre 2016 du mensuel ENVOL, journal de la F.O.L de l'Ardèche.

 

 

PETIT HISTORIQUE DES ECOLES NORMALES EN GENERAL
ET DE CELLES DE L'ARDECHE EN PARTICULIER


par Fernand BOURRET




En 1833 la loi GUIZOT crée les Ecoles normales de garçons

Après quelques tentatives en l’an III et sous le premier Empire c’est sous le règne de LOUIS-PHILIPPE que le ministre de l’Instruction Publique, François GUIZOT, fait voter le 28 juin 1833, une loi qui stipule : « Tout département sera tenu d’entretenir une Ecole normale primaire soit par lui-même soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins.»
Avant cette directive 47 départements étaient déjà pourvus d’un tel établissement : la doyenne des E.N., celle de Strasbourg, datant de 1810.
La loi Guizot prévoit 2 années d’études et il faut être âgé d’au moins 16 ans pour se présenter au concours d’entrée. Les élèves-maîtres seront internes ou externes, boursiers ou élèves libres mais les boursiers signeront un contrat d’engagement de 10 ans.

En Ardèche, l’Ecole normale d’Instituteurs a été ouverte, le 4 novembre 1831, avec 11 élèves-maîtres, dans un local situé à l’emplacement de l’actuelle école du Sacré-Cœur.

 

« Dès sa naissance l’Ecole normale s’adjoint une école primaire destinée à exercer les élèves-maîtres… à la pratique des bonnes méthodes et des meilleurs procédés. »
« Mais ce local apparaît tout à fait insuffisant dès qu’une 2e année est créée, en octobre 1833… il y a 22 élèves et le dortoir ne contient que 18 lits. »

Elie REYNIER « Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche »

Dans cet ouvrage, Elie REYNIER nous donne l’horaire quotidien du normalien à l’E.N. de Privas au cours de l’année scolaire 1840-1841.

 

« Lever à 4 heures en été, à 5 heures en hiver et prière publique pour chaque culte ; chacun fait son lit et se lave. Etude de 6 h à 7 h ½, pendant laquelle une escouade de 3 élèves, renouvelée tous les 3 jours, assure le service de propreté des classes et du dortoir (1), ainsi que le sonner des lever, exercices, repas et coucher. Déjeuner à 7 h ½. Cours de 8 h à midi. Dîner à midi : chaque élève, par tour, fait la lecture, ainsi qu’au souper ; 2 élèves font le service de la table. Récréation jusqu’à 1 h ½. Cours de 1 h ½ à 6 heures. De 6 h à 7 h : pendant l’hiver, étude ou dictée ; en été, conférence pour chaque division. A 7 h souper et récréation. A 8 h ½, lecture de piété et prière publique. A 9 h, coucher. »



Elie REYNIER ajoutera plus loin :

« L’horloge, la cloche et le tambour figurent parmi les objets symbolisant l’Ecole normale d’alors. »




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Au printemps 1844, commenceront les travaux de construction, rue de la Recluse, d’une nouvelle Ecole normale où les normaliens feront leur entrée en octobre 1846.

L’E.N. sera, par la suite, agrandie à plusieurs reprises et les élèves de la promotion1956-60 seront les témoins de la dernière extension avec la construction, dans les années 1956-58 d’un bâtiment abritant des chambres, une salle de classe réservées aux élèves-maîtres de 4e année et un gymnase.

A leur sortie de l’Ecole normale les maîtres sont recrutés par les communes qui, toujours d’après la loi GUIZOT de 1833, si elles ont plus de 500 habitants, sont dans l’obligation d’ouvrir une école de garçons, dont la fréquentation est facultative, d’entretenir les locaux et de rémunérer les maîtres.
L’obligation d’ouvrir une école de filles ne s’impose qu’aux communes de plus de 800 habitants.

En 1851,  l’âge minimum des recrues est relevé à 18 ans, au lieu de 16, et la scolarité est portée à 3 ans mais le concours d’entrée est supprimé au profit d’une enquête de moralité qui doit permettre de déceler la vocation du candidat.
Le 31/10/1854 une instruction ministérielle précise que, dorénavant, les candidats devront satisfaire, en plus de l’enquête de moralité, à un examen individuel qui évaluera leur niveau en lecture, orthographe, sur les 4 règles (arithmétique) et l’histoire sainte.
En 1866 Victor DURUY, ministre de l’Instruction Publique, rétablit le concours et la circulaire du 19 mars 1868 ramène à 16 ans l’âge d’admission.


En 1880 ouverture de l’ Ecole normale d’institutrices de Privas

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Le 9 août 1879, Jules FERRY, ministre de l’Instruction Publique et Paul BERT font voter une loi qui impose à chaque département d’avoir une Ecole normale de filles et une Ecole normale de garçons.
Suite à cette loi la ville de Privas acquiert au quartier de Bésignole une maison et un terrain de 5300 m2 pour l’établissement d’une Ecole normale d’Institutrices. La première promotion de normaliennes y est installée en décembre 1880. Des travaux d’agrandissement sont immédiatement entrepris et, en 1882, les trois promotions peuvent être accueillis à Bésignole. Le 1er décembre 1883 l’école annexe de filles est également installée.

A cette date seuls sept départements ne possèdent pas encore d’E.N.G. mais les E.N. de filles ne dépassent pas la vingtaine. Grâce à la loi de Jules FERRY, 10 ans plus tard, presque tous les départements seront pourvus d’une E.N.F.

 

Ferdinand BUISSON : une personnalité exceptionnelle qui fut, pendant 17 ans le Directeur de l’enseignement primaire. Nommé en 1879, il souhaite substituer à l’histoire sainte dans l’enseignement primaire, une instruction morale indépendante de la tradition judaïque et de tout dogme théologique.

Il disait de l’école laïque qu’elle devait « prendre l’être humain pour lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même ; qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite, d’un maître, d’un chef, quel qu’il soit, temporel ou spirituel. »

Député radical-socialiste, il est l’un des fondateurs de la Ligue des Droits de l’Homme et sera prix Nobel de la Paix en 1927

 

undefinedL'Ecole Normale de filles, (aujourd'hui IUFM) de Privas


« Après que furent construites et aménagées les E.N. d’Institutrices dans l’Ardèche et la Drôme, l’idée vint à quelques-uns… de réaliser une simplification et des économies en réunissant [à Valence] les deux E.N. de garçons et à Privas les deux autres (ou inversement). »

Elie REYNIER « Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche »


Ce projet n’aboutira pas mais la fusion sera effective pour d’autres départements : pour le Vaucluse et les Basses-Alpes, par exemple, les filles seront accueillies à Digne et les garçons à Avignon.


Le vote des lois scolaires et les nouvelles conditions d’accès à l’E.N.

En 1881 et 1882 Jules FERRY fait voter 2 lois importantes pour l’enseignement primaire : la loi du 16 juin 1881 proclame la gratuité de l’école publique et, avec la loi du 28 mars 1882, l’école devient obligatoire (de 6 à 13 ans) et laïque .
L’entrée à l’Ecole normale est alors soumise à un concours préparé dans les Ecoles Primaires Supérieures et ouvert aux candidats, et candidates, âgés de 15 à 18 ans et détenteurs du certificat d’études. Les normaliens passent le Brevet Elémentaire (B.E.) à la fin de la 1ère année et le Brevet Supérieur (B.S.) à la fin des 3 années de scolarité. A partir de 1888 il faudra être titulaire du B. E. pour pouvoir passer le concours d’entrée et, en 1905, les 2 premières années seulement seront consacrées à la préparation du Brevet supérieur, la 3e année, réservée à l’approfondissement de la culture générale et à l’éducation professionnelle, conduira au Certificat de Fin d’Etudes Normales (CFEN). Ce système de recrutement permettra à de nombreux élèves des milieux populaires d’accéder, grâce à la gratuité des études à l’E.N., au métier d’enseignant.


« Les promotions sont composées d’élèves provenant d’Ecoles Primaires Supérieures. Dans les milieux ouvriers et paysans, le concours d’entrée à l’Ecole normale jouit d’un prestige considérable. Quel bonheur et quelle fierté pour des pères et mères de voir l’un de leurs enfants accéder à la fonction noble et respectée de maître d’école ! » nous dit Alain VINCENT dans son ouvrage : « L’Ecole Normale »

La formation à l’E.N. à la fin du XIXe siècle

La fonction fixée aux futurs maîtres est d’importance : il s’agit de former des citoyens respectueux du régime républicain, défenseurs fidèles de la Patrie. L’école doit concourir efficacement à l’unité de la Nation. Les « hussards noirs de la République » s’acquitteront avec zèle de leur mission. A l’Ecole normale le travail est intense, essentiellement livresque : la journée commence très tôt le matin et se termine fort tard le soir : l’Ecole normale est un véritable monastère laïc.

 

« L’administration, toujours présente, imprègne les élèves de ses préceptes officiels, de son catéchisme, développe les habitudes de soins, d’hygiène, de bonne tenue vestimentaire, de respect de soi, des autres, des biens privés et du bien public. Elle impose les qualités morales d’ordre, de labeur, de civilité dans l’existence quotidienne. Elle évoque la prudence, la bienséance, la politesse, l’obéissance, le ténacité, la dignité. Un véritable cheminement intérieur, réfléchi, accepté, intériorisé, se met en place. Les jeunes normaliens… appartiennent à un monde à part. Disons-le simplement : la République comme tout régime est créatrice d’élites. Les hussards noirs en sont une et non des moindres. »



(La grande aventure des Ecoles normales d’instituteurs Christian BOUYER Le Cherche Midi 2003)  
 

« La République a fait l’école, l’école fera la République. »
(La Revue Pédagogique d’octobre 1883)



Les Hussards noirs de la République

undefined Charles PEGUY évoque ici les normaliens, « les hussards noirs », qui viennent en stage dans sa classe de l’Ecole annexe de l’Ecole normale d’instituteurs d’Orléans qu’il fréquente en 1879, âgé de 6 ans. Le terme de « Hussards noirs de la République » sera souvent repris par PEGUY et deviendra une formule emblématique maintes fois réutilisée.

 

« De jeunes maîtres de l’Ecole normale venaient chaque semaine nous faire l’école. Parlons bien : ils venaient nous faire la classe. Ils étaient comme les jeunes Bara de la République. Ils étaient toujours prêts à crier : « Vive la République ! Vive la Nation ! »… Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs. Sveltes, sévères, sanglés, sérieux, et un peu tremblants de leur précoce, de leur soudaine omnipotence. Un long pantalon noir, mais je pense, avec un liseré violet. Le violet n’est pas seulement la couleur des évêques, il est aussi la couleur de l’enseignement primaire. Un gilet noir. Une longue redingote noire, bien droite, bien tombante, mais deux croisements de palmes violettes au revers. Une casquette plate, noire, mais un croisement de palmes violettes au-dessus du front. Cet uniforme civil était une sorte d’uniforme militaire encore plus sévère, encore plus militaire, étant un uniforme civique. Quelque chose, je pense, comme le fameux cadre noir de Saumur. Rien n’est beau comme un bel uniforme noir parmi les uniformes militaires. C’est la ligne elle-même. Et la sévérité. Porté par ces gamins qui étaient vraiment les enfants de la République, par ces nourrissons de la République, par ces hussards noirs de la sévérité. Je crois avoir dit qu’ils étaient très vieux. Ils avaient au moins quinze ans. Toutes les semaines il en remontait un de l’Ecole normale vers l’Ecole annexe ; et c’était toujours un nouveau ; et ainsi cette Ecole normale semblait un régiment inépuisable. Elle était comme un immense dépôt, gouvernemental, de jeunesse et de civisme. Le gouvernement de la République était chargé de nous fournir tant de sérieux. Cette Ecole normale faisait un réservoir inépuisable…
Ces instituteurs étaient sortis du peuple, fils d’ouvriers mais surtout de paysans et de petits propriétaires… Ils restaient le même peuple, nullement endimanché, je vous prie de le croire, mais seulement un peu plus aligné, un peu plus rangé, un peu plus ordonné dans ces beaux jardins de maisons d’école. » 


(Charles PEGUY « L’Argent »)



En 1919 la France manque d’instituteurs il faut donc recruter des suppléants pour que chaque classe ait un maître. A partir de cette époque on peut, pour devenir instituteur, soit choisir « la voie royale » (l’E.N.), soit passer par « la petite porte » c’est-à-dire avec le B.E. ou le B.S. faire, pendant quelques années, des suppléances avant d’être titularisé. « Ces 2 voies d’accès définissaient 2 catégories d’instituteurs qui, tout au long de la carrière, restaient largement étrangères l’une à l’autre » nous disent Jacques et Mona OZOUF dans « La république des instituteurs » .

C’est une loi de 1923, complétée par un décret de 1927, qui offrira la possibilité aux suppléants d’être admis à suivre, pendant une année, les cours et exercices d’une Ecole normale en qualité d’auditeurs.
En 1937, sous le Front Populaire, Jean ZAY ministre de l’Education Nationale, préparera un projet, qui n’aboutira pas, et qui visait, tout en maintenant les Ecoles normales, à envoyer les normaliens préparer le bac sur les bancs du lycée afin de supprimer « le vase clos ». Après l’obtention du bachot ils passeraient 2 années de formation professionnelle à l’E.N. devenue « Institut de formation pédagogique ».  


En 1940 le régime de Vichy supprime les E.N.

Le 18 septembre 1940 le régime de Vichy supprime les Ecoles normales et la loi du 28 novembre 1940 prévoit, qu’à l’avenir, les élèves-maîtres recrutés seront scolarisés au lycée pendant 3 ans pour préparer le baccalauréat et recevront par la suite une formation professionnelle. (Le B.S. est supprimé)
Elie REYNIER, dans son ouvrage « Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche », précise :

 

« Cette suppression retentissante [est la conséquence] de deux griefs officiels et réitérés, l’un politique, l’autre pédagogique.
Les E.N. étaient :
1) Des foyers de communisme
2) Des séminaires laïques, des vases clos. »


Après avoir démontré l’absurdité de ces deux affirmations, Elie REYNIER poursuit :
 

« [ces] griefs publics, mensonges ou sottises… dissimulent mal, le véritable crime des E.N., celui que nul n’osait formuler. Par leur origine sociale (ruraux, ouvriers, petits fonctionnaires), par leur travail déjà à demi adapté au milieu, leur espoir dans le progrès, le retour et la vie des jeunes maîtres parmi les ouvriers et les paysans, les E.N., sont toujours restées une institution démocratique et laïque . Rien de plus, mais rien de moins. De là les terreurs, sincères ou feintes, et les haines. »



A la suite de cette suppression les 10 normaliens ardéchois de la promotion 1940-44, qui avaient été admis en juin au concours d’entrée, sont envoyés, en octobre 1940, au Lycée de Tournon en classe de seconde pour y préparer le baccalauréat avant d’effectuer une année de formation professionnelle à Valence (avec les normaliens de la Drôme). Les normaliens de 2e et 3e années achèveront leurs études à l’E.N.
C’est au lycée de Tournon que la « BELLE EQUIPE » sera créée par un groupe de normaliens et de lycéens au cours de l’année scolaire 1942-43.

A la Libération les ordonnances du 9 août 1944 et du 31 mars 1945 rétablissent les E.N. dans leur statut d’avant 1940.

L’E.N. de Privas rouvrira à la rentrée 1945 et, le 21 décembre 1945, à l’occasion de cette réouverture, une grande fête, placée sous la présidence du Recteur, et au cours de laquelle se produira la
« BELLE EQUIPE », sera organisée à l’E.N. de garçons. Cette année-là, seules les promotions de 4e et 1ère années rejoindront l’E.N., les 2e te 3e années restant encore un an au lycée de Tournon.
Dans les années d’après-guerre et jusqu’en 1970 les élèves-maîtres seront recrutés de 2 manières différentes :
      - soit par concours après la classe de 3e : la durée des études à l’E.N. est alors de 4 années : les 3 premières années sont consacrées à la formation générale et à la préparation des 2 parties du baccalauréat, la 4e année est réservée à la formation professionnelle.
      - soit, toujours par concours, après le baccalauréat : les élèves-maîtres effectuent alors une année de formation professionnelle en général avec les normaliens de 4e année entrés à l’E.N. après la classe de 3e.

Durant cette période on pouvait également, en étant titulaire du baccalauréat, demander à faire des suppléances et, après un stage de 6 mois à l’E.N., on passait le C.A.P. et l’on était titularisé dans le corps des instituteurs.


Les normaliens des années 46-60 : en cravate et blouse grise
 

« Les élèves qui sont passés par l’Ecole normale de 1946 à 1960 environ gardent le sentiment d’avoir bénéficié d’une poussée institutionnelle et légitime. Le recrutement demeure parfaitement homogène… concours en fin de 3e avec les Cours Complémentaires comme enrôleurs attitrés. L’obtention du baccalauréat… donne des possibilités et des idées de diversification. L’année de formation professionnelle post-baccalauréat, aboutissant au Certificat de Fin d’Etudes Normales, a des allures de neuvaine préparatoire, avec un contenu d’enseignement aussi décousu que parcellaire, une vie mi-active, mi-protégée, l’octroi d’un salaire autoritairement diminué du prélèvement automatique d’un pécule de fin d’année. Elle est vécue comme une période d’expectative… où l’on jouit d’un statut… de grande personne toujours mineure mais pour peu de temps encore. Tous les éléments sont réunis pour donner à la scolarité à l’Ecole normale l’apparence d’un temps inachevé, d’un cycle d’études aussi libre qu’un autre, et même, paradoxalement, plus libérateur qu’un autre, orienté vers une sorte de promotion généralisée des plus méritants du premier cycle en général et des Cours Complémentaires en particulier, que rien n’oblige à s’arrêter là pour peu que les circonstances s’y prêtent. »


(.Y. DELSAUT « La place du maître. Une chronique des Ecoles normales d’instituteurs » )

Le concours d’entrée après la classe de 3e est supprimé en 1977

Les normaliens de la promotion 1965 – 1970, toujours recrutés au niveau du B.E.P.C., seront les premiers à bénéficier de 2 années de formation professionnelle. Ils resteront donc 5 ans à l’E.N. (témoignage de CELMA, promo 65-70).
A la rentrée 1969, Marc LANTHAUME fait partie de la dernière promotion recrutée au niveau du B.E.P.C. et qui préparera le baccalauréat à l’E.N. et effectuera 2 années de formation professionnelle.
La promotion suivante (70-75) est toujours recrutée au niveau du B.E.P.C. mais les normaliens qui ont réussi au concours préparent le bac au lycée et rejoignent l’E.N. pour 2 années de formation professionnelle.
En 1974 l’Ecole normale de garçons est fermée et , pour les 2 ans de F.P., normaliens et normaliennes sont regroupés à l’Ecole normale d’institutrices à Bésignole.
A la rentrée 1977 le concours d’entrée à l’E.N. à l’issue de la classe de 3e est supprimé et les instituteurs sont alors recrutés par concours parmi les bacheliers avec toujours 2 ans de formation professionnelle.
Dès 1979 Christian BEULLAC, ministre de l’Education Nationale, décide que la formation professionnelle se déroulera sur 3 années, avec intervention, les 2 dernières années de l’Université, et préparation d’un D.E.U.G. « Enseignement du 1er degré ».
En 1984 ce D.E.U.G. est supprimé : les élèves-instituteurs préparent le D.E.U.G. de leur choix et la formation, D.E.U.G. compris, dure 3 ans.
En 1986 pour se présenter au concours il faudra être titulaire d’un D.E.U.G. universitaire ou d’un diplôme admis en équivalence. La formation professionnelle à l’Ecole normale est alors de 2 ans.



Le jour où la transformation des E.N. se posera…

Bien avant leur disparition définitive en 1991 le problème de la suppression des E.N. a été évoqué à plusieurs reprises. Ainsi en 1934 une proposition de loi fut déposée qui vise à « réserver l’accès à l’Ecole normale à des candidats titulaires du baccalauréat ou du brevet supérieur ».

Un journaliste de « La Dépêche de Toulouse » écrit alors

 

« Pour que la culture des normaliens soit plus large encore est-il nécessaire de les transplanter dans les lycées ?… Ceux qui en sont persuadés oublient peut-être les vertus formatrices d’un milieu, d’une école qui réunit pour une vie commune, en leur laissant d’ailleurs une liberté croissante, des jeunes gens de même vocation. Faut-il compter pour rien le frottement de leurs cervelles, hantées des mêmes préoccupations,… les traditions qu’ils ruminent ensemble, les expériences pédagogiques qu’ils mènent dans les écoles annexes et dont ils discutent les résultats, à la table du réfectoire. Faut-il ajouter que, recrutés dans la région et destinés à enseigner le plus souvent dans la région où est installée leur école, ils sont tout préparés à connaître les préoccupations habituelles du milieu rural où ils vivent ?
Nous savons bien que cet esprit normalien, beaucoup de gens, à notre époque, laissent entendre que c’est un très mauvais esprit, dangereux pour la propriété, la Patrie, la République… Et le jour où la transformation des E.N. se posera, il n’est pas douteux que ce sentiment-là veillera au grain et poussera à la suppression. »

(Article cité par E. REYNIER dans « Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche ». Les mots en gras ont-ils été soulignés par l’auteur ou par E. REYNIER ?)

En 1991 suppression des Ecoles normales

A partir de la rentrée 1991, plus d’un siècle et demi après leur création, les Ecoles normales sont supprimées et remplacées par les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (I.U.F.M.) C’est Lionel JOSPIN, alors ministre de l’Education Nationale, qui, dans une loi publiée le 14 juillet 1989 (un anniversaire qui ne s’oublie pas), décide de la création des I.U.F.M.
Il s’agit cette fois d’une véritable innovation puisque tous les enseignants du 1er et du second degré (de la maternelle à la terminale) auront le même niveau de formation, les candidats ayant à choisir leur filière au moment de faire acte de candidature. La carrière d’un instituteur, appelé désormais « professeur des écoles » est alignée sur celle des professeurs du second degré.
Après une expérimentation, à la rentrée 1990, dans 3 académies (dont Grenoble) l’installation généralisée des I.U.F.M. est effective à la rentrée 1991.

Le recrutement des futurs  professeurs des écoles  sera ouvert aux titulaires d’une licence qui suivront une formation de 2 années dans les I.U.F.M.
L’entrée en première année d’I.U.F.M. ne se fera pas sur concours mais dépendra d’une sélection sur dossier : elle conduira au concours de professeur des écoles. Il sera cependant possible de passer le concours sans suivre cette année de préparation.

En 2004, en Ardèche, les futurs professeurs des écoles, suivent leur année de formation professionnelle dans les locaux de l’ancienne Ecole normale d’institutrices à Bésignole où s’est installé l’I.U.F.M.



Qu’est devenue l’Ecole normale d’instituteurs de Privas ?

Les bâtiments de l’ancienne Ecole normale de garçons et de l’école annexe étant la propriété du département, le Conseil Général a décidé de démolir les locaux de l’école annexe et le bâtiment qui bordait la rue de la Recluse (où étaient logés le Directeur et l’Econome) pour construire des bureaux qui sont occupés, en 2004, par la Direction de la Solidarité Départementale.
Dans les anciens bâtiments de l’E.N. sont installés des services du Conseil Général et, dans la cour ainsi que sur le terrain de sport, un parking a été aménagé.


 
Fernand BOURRET (E.N.I Privas 1956-60)     






Bibliographie

Elie REYNIER et Louise ABRIAL  Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche, 1945
Christian BOUYER La grande aventure des Ecoles normales d’instituteurs. Le Cherche Midi, 2003
Yvette DELSAUT La place du maître - Une chronique des Ecoles normales d’instituteurs. L’Harmattan, 1992
Jacques et Mona OZOUF La République des instituteurs. Gallimard Le Seuil, 1992
Sous la responsabilité de Hugues LETHIERRY Feu les Ecoles normales. L’Harmattan, 1994
La France à l’école. Collection Découvertes Gallimard, 1992

 
 
 
 
LES  ECOLES  NORMALES
et la vie privadoise


« Les Ecoles normales d’Instituteurs et d’Institutrices…ne sont pas spécifiquement « privadoises ». Seules institutions de ce genre dans l’Ardèche, qu’elles devaient alimenter en maîtres primaires, elles ont un rôle « départemental ». Mais elles apportent cependant dans la ville une « population » et un élément de vie intellectuelle et matérielle que l’on ne peut omettre. »

Ainsi que le souligne Elie Reynier dans l’ouvrage qu’il a écrit en1945 avec Louise Abrial, professeur à l’E.N.F., sur "les Ecoles normales de l’Ardèche", la présence à Privas des deux E.N.  a eu une grande importance pour la vie de la cité.

Et d’abord une importance sur le plan économique : les deux Ecoles Normales avec chacune 3 puis 4 promotions soit de 100 à 150 jeunes gens et jeunes filles, le corps enseignant, les agents, représentent  pour la ville une population qui n’est pas négligeable.
Les travaux de construction et d’agrandissement qui vont s’échelonner sur plus d’un siècle, l’entretien des bâtiments, la nourriture des élèves, les achats effectués par les normaliens et les normaliennes dans les commerces privadois apportent aux artisans et commerçants une activité certaine.
Le dimanche, le Cours de l’Esplanade est un lieu de promenade animé pour toute la jeunesse privadoise et pour les normaliens et normaliennes qui y croisent les élèves du Collège Classique et du Collège Moderne.
                    

 

 Souvent issus de milieux modestes la bourse des normaliens ne leur permet pas de fréquenter régulièrement les cafés de la ville mais ils se retrouvent parfois chez Nénette,

Taverne 2

 

 

un café situé sur l’Esplanade ou chez Pontal au Champ de Mars, avec son billard à l'ancienne, et certains vont de temps en temps faire une partie de "longue" au Café du Jardin ou au café Bonnefoy, sur la route de l'Escrinet.
Dans les années 1955-60 le Café du Siècle, propriété de la famille Ressayre (1), accueille les réunions de la cellule des Jeunesses Communistes, nous dit Claude Pradal, et il ajoute : « les normaliennes étaient invitées à nos réunions mais elles devaient ruser afin que la Directrice de l’E.N.F., Mademoiselle Mathieu, n’ait pas connaissance de leur présence au Café du Siècle ».
Henria Tallon (promotion 1938-1941) se souvient que les normaliens et normaliennes se rendaient parfois au Bois Laville dans un dancing qui s’appelait « La Neuve » et Robert Villa (promotion 1956-1960) confirme que, quelques années plus tard, cette habitude est maintenue : « il nous arrivait de louer une salle, où nous allions danser, route du Moulin à Vent. »

 

                        71-Rencontre EN04tw


Sur le plan sportif (rugby, foot, hand, basket) les équipes de normaliennes et de normaliens organisent leurs rencontres sur les stades de la ville.
En mars 1911 un article paru dans la presse locale nous apprend que la jeune équipe de rugby du Sporting Club Privadois livre son premier match contre l’équipe de l’E.N.G. : « l’Etoile Sportive Normalienne » : à cette époque l’E.N.G. a donc sa propre équipe de rugby.

 

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L'Etoile Normalienne en 1924


Les meilleurs joueurs de l’E.N.G. sont parfois recrutés par les dirigeants du Sporting Club Privadois et, dans les années 50 Jean Tirman, Professeur d’EPS. à l’E.N., gardera les buts de l’équipe de foot du S.C.P.


équipe de foot 7 copie copie-1
 

 

Sur le plan culturel normaliens et normaliennes fréquentent régulièrement les deux cinémas de la ville, le ROYAL et l’ODEON, et ils sont également de fidèles spectateurs des représentations théâtrales et des concerts qui sont donnés au théâtre de l’ODEON (aujourd’hui Médiathèque Jacques Dupin).

 

57-Odéon

 

A partir de 1945 la BELLE EQUIPE des normaliens  se produit souvent à Privas : pour la Soirée de Gala du Foyer des Vieux, pour animer les arbres de Noël des Comités d’Entreprises, pour la fête du Sou des Ecoles Laïques… En 1959,dans le cadre des manifestations organisées à l’occasion du jumelage de Privas avec la ville allemande de Weilburg, sous le direction de Madame Broué la Belle.Equipe, associée à la Cantorietta, interprètera sur le perron de lHôtel de Ville « l’Hymne à la Joie ».

 

59 -BE-cantoriette4

Enfin la fête annuelle des Ecoles Normales, qui se déroule dans l’une des deux E.N., s’inscrit dans le calendrier des festivités privadoises. C’est pour la ville et le département la fête de l’Ecole laïque et de nombreuses personnalités sont présentes : Préfet, Conseillers généraux, Inspecteur d’Académie, Inspecteurs Primaires, le Maire de la ville et des Conseillers Municipaux.


Fernand Bourret  (promotion 1956-60)

 

 
 
 

 
 
 
 
 
 

 

 

 

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" Guy Tenchon et ses copains "                                                              

       

                              1960                                              

 Les Juniors de Monsieur Tirman                                             

                                                                 

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               Debouts : Monsieur Tirman  Orjas  Fargier  Lambert  Boulle                

             Accroupis : Vabre  Malleval  Tenchon  Royer  Rouvière  Weibel

 

 

 Tirman 1

 Tirman 1

 

 

 

 

 

 

 

 

Tirman 1

 

Tirman 1

 

 

Tirman 1

 

Tirman 1

Tirman 1

 

Tirman

 

Tirman

 

Tirman 1

 

 

 

                   

  Monsieur Tirman " Le " Professeur

 

                       

Tirman 2

 

 

 

                    DANS LA COUR DE L'E.N

 

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               En privas 5

                  1953 " Le bassin gelé "

 

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photo ajoutée le 9/02/2013

Lechemindenosecolesprivas @orange.fr

 

               En privas 1

 

           1957    La Belle Equipe

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              Premier rang : Villa  Tenchon  Bourret  Sagnes             

      Deuxième rang : Gimbert  Deloume  Girardot  Saksik

 

 

             Le Conseil de révision

                                     sous l'arceau de la Préfecture

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 Debouts : Durand  Sauze  Alcaïs  Illy  Arrateig  Dugua  Tenchon  Bache  Briand

  Accroupis : Rollet  Weibel  Chalvet  Sagnes Saksik

 

Quelques années aprés..

tanchon-1.jpg

 

                                   "  chez monsieur le curé Diguedondadondaine .... "

                     Tenchon  Illy  Audra  Gimbert  Saksik  Sagnes

  Les cinq photos ci - dessus nous ont été envoyées par Guy Tenchon de Saint Julien en Saint Alban

                                                                   Merci à toi Guy  Rigolant

 

                                 

 

 

 photos ajoutées le 9/02/2013

lechemindenosecolesprivas@orange .fr

 

 

 

                                                 1953

 

                                              La " Belle Equipe "

 

 

 

 

                      Monsieur Tirman                       

        

 

                       " Le " Prof de gym 

   

              

Avec ses chers élèves à Cannes

                   

                          

 

Monsieur Berriot  Directeur 

 

 

                                                                                  

 

La vie à L’Ecole Normale                             

 

                                                                                                                             Les classes 1948      

                                                                                              

                           

Deuxième rang avant-dernier à droite Elie Gaillard futur prof du Cours Complèmentaire et du lycée Vincent d’Indy

 De retour dans leur Ecole

                                                    

 

0-bourret-12-1.jpg     

photo archive André Rosset 

 et quelques années auparavant ...   

 

  Les photos ci-dessous sont de Gilbert Sagnard

                                                        

0-bourret-14.jpg 

                    La " Classe - Promenade "                                   

                                                                                                                   

     

Debouts : Géal , Rousset , Roche , Vuillerme , Teston , Monsieur Bozon , Chareyre , Vibert

Assis : Valette , Rosset

 

                                               

 

Ah le bal de l’Ecole normale ... 

 

                                                 " Mademoiselle acceptez cette rose qui ce matin avait déclose et accordez moi cette danse ... "

 

 

 

La Promo 52 - 56        

 

 

 

                                    

 

                                          

 

 

                                                                                                  

 

                                            

 

 

 

 

 

 

                                  

 

 

 

Géal                                                                                                                                                     

 

                                                   

 

 

 

                                        

 

 

 

 

 

                                                      

 

 

 

                               au début des années 50 . Nous reconnaissons l’ami Besson , sixiéme accroupi ... 

    

 

 

 

 L’Ecole Normale de Jacques Issartel

 

Jacques prépara l’Ecole Normale aux Cours Complémentaires du champ de Mars

Sa vie sera partagée entre ses études , le sport , ses activités dans les mouvements de jeunesse

où son entrain et sa disponibilité feront merveille  

 

 " La Belle Equipe est née pendant l’année scolaire 1942/43 alors que les normaliens ardéchois étaient scolarisés au lycée de Tournon

 , le régime de Vichy ayant supprimées les Ecoles Normales trop turbulentes ...

Composée alors de normaliens et de lycéens elle présentait un spectacle de chants folkloriques  , de sketchs en patois et de théâtre .

Ala réouverture de l’Ecole Normale en 1945 la Belle Equipe constituée désormais des seuls normaliens s’est consacrée essentiellement

au " chant mimé " .

Le répertoire s’est ensuite diversifié avec le chant choralet les fantaisies musicales .

La Belle Equipe s’éteindra en 1968 aprés 25 ans de succés . "

Jacques Issartel .

 

                                  Les photos ci-aprés  sont de la collection Jacques Issartel

                                      

" Jeannot Lapin "

 

Il est évident que le public ne prenait jamais le parti des méchants chasseurs qui étaient conspués 

 

 

 

       Privas Décembre 1952

          Mes jeunes années

 

 

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Juin 1954 au Cros de Géorand 

 

 Perrine était servante

 

Dans les rues de Lamastre

 

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La Gobille normalienne

                            Le 13 Mars 1948 fut créée dans le sein des élèves " La Gobille normalienne " dont les statuts ne furent jamais déposés

 

                            on ne sait plus quel était sa raison d’étre et pas davantage son objectif  mais elle existait . L’effectif de l’E.N était       

                            alors de 37 élèves maîtres répartis en quatre promotions ; l’Association était constituée de 23 membres . 

L’étude de la photo nous montre que les 5 élèves accroupis ont le pouce prisonnier des autres doigts dans la position du tireur de billes au jeu de la " nine " et nous savons tous que le nom " technique " de la bille était " la gobie "... oui les " 5 de devant " simulent bien une partie de billes ...

 

 

Nous sommes sur la voie de la solution , qu’en pensez vous docteur Watson ???

 

 

 

 

collection Jacques Issartel

 

       

 

 

 Mesdames , mesdemoiselles , messieurs

 

la belle équipe !!!

 

 Les 3 cloches

  

 

 

Les photos ci-aprés sont de la collection Jacques Issartel 

 

 

        

 

                                                                                           Les rats l’avait bouffée        

 

                                    

 Le prisonnier de la tour

                                   Perrine était servante               

                                                                                                                                             

                                                  

L’Ecole Normale du temps

 

de Jacques Issartel 

 

  

La promotion 48/52 fut une des premières aprés le temps de la guerre qui avait vu les Ecoles Normales étre fermées et leurs élèves envoyés à Tournon dans un lycée ... ces Ecoles Normales avaient toujours été des lieux où les idées des professeurs et des élèves s’inspiraient des droits de l’homme et fustigeaient le nazisme ; cela ne convenait pas aux responsables d’alors ...

 Mais en 1948 le temps du bonheur était revenu . Les bals du printemps et du 14 Juillet  enchantaient les foules sur le champ de Mars et l’Esplanade , la fête du " sou des Ecoles " clôturait l’année scolaire au  Collège Moderne dans les ovations destinées à la " Cantorieta " et à la " Belle Equipe " . C’était l’été , les jeunesses allaient se baigner à " la Neuve " , à " Dos d’âne " , au " Petit Rhône " et à " Soyons " dans le désordre et l’insouciance de la liberté retrouvée .

En ce temps là , en 48 , on y croyait ... 

 

 

La promo de Jacques

 

 

 

 

 

 

 

Debouts : Pascal , Varey , Bernard , Robert , Hilaire , Monot , Sougey

 

 

                                                                 Assis : Issartel , Cros , Qal , Dusserre , Chaudier

Jacques footbaleur 

Tournoi de sixte

 

Avec la plus belle equipe

 

de l’histoire du SCP 

 

  

                                                                                                            1948

 En cette année là, notre collègue  François Bénéfice, élève-maître de la promo 46-50 à l'E.N.I. de Privas, préparait son baccalauréat. C'est aussi l'année de la parution du premier numéro d'ENVOL, organe de la Fédération des Oeuvres Laïques de l'Ardèche. Pour marquer le soixantième anniversaire du journal,  François a écrit dans le N° 278  (mars 2008), l'article suivant :

 

Pour le jeune élève-maître de l'École Normale d'instituteurs que j'étais en 1948, cette année là, ma préoccupation principale était bien sûr l'obtention du premier bac. Les cours étaient mixtes, à l'Ecole Normale de filles à Bésignoles où nous nous rendions deux fois par jour, dispensés par le couple Gairard et par l'historien un peu myope, Monsieur Bozon, tandis que Monsieur Zénouda animait les séances d'éducation physique J'ai oublié le nom de notre professeur de sciences qui me semble-t-il concurrençait mon accent du midi par un fort accent marseillais. "Zeus" présidait cette année là à la renaissance de l'E.N. d'instituteurs à laquelle il était particulièrement attaché depuis sa réouverture à l'automne 1945. Il veillait avec une vigilante attention au bon fonctionnement de l'école et à la bonne tenue des élèves-maîtres futurs porte-drapeaux de cette laïcité renaissante encore fragile après les sévices des gouvernements de Vichy. Rassemblés sous les arcades de la petite cour intérieure, nous avions droit régulièrement à quelques observations sur notre tenue dans et hors de l'école, sur nos résultats scolaires et notre censeur, le menton dans la paume de sa main droite, la gauche soutenant le coude droit écoutait avec gravité mais bienveillance nos explications balbutiantes. Un mea-culpa laïque en quelque sorte ? Surtout l'apprentissage de la responsabilité de ses actes et l'apprentissage de cette morale laïque gravement mise en cause ces derniers jours par notre Président de la République que ce soit au Vatican ou en Arabie Saoudite... Si en 1948 la '"droite pétainiste" avait momentanément mis en sourdine les revendications des tenants de l'enseignement confessionnel, à l'initiative de quelques grands anciens, les forces laïques de notre département s'organisaient dans la Fédération des Oeuvres Laïques tandis que renaissait le Syndicat des Instituteurs aux objectifs duquel nous étions, nous., jeunes élèves-maîtres déjà sensibilisés. La défense de la laïcité, je devrais écrire la promotion de la laïcité, était pour nous, un élément essentiel de notre engagement de futurs enseignants.
François BENEFICE Promotion 1946-50 E.N.I PRIVAS

L'Ecole Normale d'Instituteurs de Privas en 1948
 
Sur cette photo sont présents les normaliens des 4 promotions : 1944-48 : qui, nous dit François, « étaient revenus de Tournon à la rentrée 1946 » 1945-49 « avaient fait la réouverture de l'E.N. » préparaient le 2e bac. 1946-50  préparaient le 1er bac. 1947-51  Les « bleus »
 
De gauche à droite et de haut en bas :

Rangée du haut
SOULIER Marc (46); POUDEVIGNE Fernand (45/46); BENEFICE François (46); HABAUZIT Jean-François (46) THERON Paul (46); COULOMB Jean (46); FAURE André (44); GASC Pierre (44); DURAND Raymond (46); ARGENSON Raymond (46);  BONNAUD Adrien(44)

Rangée du milieu :
NOUET Guy (47); CHARRA Robert (47); OZIL Jacques(44/45); MOUNIER Albert(46) BERNARD Jean(45); JOUVE Marc (44); IMBERT Georges (44); GAILLARD Roger (45); BRES Jean (42/44); GAILLARD dit Bambou; LAFLOTTE (45) transfert de Clermont Fd.

Rangée du bas :
FABRE Marcel (47); RABANIT Jean-Marie (47); MALSERT Jean(46); SALLES Paul (46); ROUMEAS Maurice (dit Arthur) (45); ZENOUDA (Prof de gym): MONTMARD dit « Zeus »; AVENAS (Pion); REYNAUD Pierre (47); PICHOT René (47); DURAND René (47); REYNAUD Max (47); PISSERE (47); DURAND André (46)

Les nombres qui suivent chaque nom indiquent l'année d'entrée à l'EN.

 

DÉDICACES

 

 

Janot Rousset a récemment découvert une photo inédite de la Belle Équipe. Une de plus allez-vous dire. Oui, sauf que celle-ci est dédicacée.: Au dos de l'image figurent neuf signatures. Normal : La Belle Équipe se produisait sur scène sous la forme d'un un groupe de 9 chanteurs. Il suffit de vérifier au  recto  : Le compte est bon! 

 

 

 

Mais l'examen détaillé du document inspire à Janot les réflexions suivantes :

 

BE5253

 

 

 

Sur cette photo figure Jacques ISSARTEL, alors président de la BELLE EQUIPE.

 

Il était en quatrième année et nous en première. 

 

La photo date donc de l’année scolaire 1952-53.

 

Elle a été prise dans un local situé au bout du Champ de Mars : Existe-t’il encore ? 

 

Chaque année nous y chantions pour l’Arbre de Noël de la Trésorerie, ce qui permet d'estimer la date de prise de vue à décembre 1952.

 

 

Au premier plan on reconnaît, de gauche à droite :

 

Jacques ISSARTEL, ARNAUD (dont j’ai oublié le prénom), Georges ROURRET, Gilbert PONSONNET, alias Pompon.

 

 

Au second rang :

 

 PEYREPLANE, alias Peter, Marcel MICHELAS, alias Mickey, Roland Nogier, alias Nono

 

André ROSSET, Jean ROUSSET, (derrière Gilbert PONSONNET)

 

 

 

 

BE5253-signaturesBIS

 

 

 

 

 

La dédicace figurant au dos de cette photo est postérieure à la prise de vue, puisqu'on peut y lire le nom de Chanteperdrix qui ne figure pas sur la photo car il n' était pas encore membre de la BELLE EQUIPE en 1952.

 

 PONSONNET; ROSSET; ROCHE;« MICKEY »; CHANTEPERDRIX; PEYREPLANE; ROURRET;

 

ISSARTEL; ROUSSET

 

 On remarque aussi la signature de Jean-Louis Roche, absent sur la photo de décembre.

 

9 signatures ; Le compte y était... mais on a oublié de faire signer Arnaud et Nougier !

 

 

C’est avec émotion que j’ai fait ce petit commentaire en pensant, avec tristesse à nos vieux copains :

 

Gilbert PONSONNET

 

« Dédé » ROSSET

 

Jacky CHANTEPERDRIX

 

et Georges ROURRET

 

  

P.S. : Le vieil harmonica avec lequel je « donnais le ton » avant d’attaquer un chant existe toujours.

 

 

 

Jean ROUSSET (Promo 1952-56)

 

 

LES  ECOLES  NORMALES et la vie privadoise

« Les Ecoles normales d’Instituteurs et d’Institutrices…ne sont pas spécifiquement « privadoises ». Seules institutions de ce genre dans l’Ardèche, qu’elles devaient alimenter en maîtres primaires, elles ont un rôle « départemental ». Mais elles apportent cependant dans la ville une « population » et un élément de vie intellectuelle et matérielle que l’on ne peut omettre. »
Ainsi que le souligne Elie Reynier dans l’ouvrage qu’il a écrit en1945 avec Louise Abrial, professeur à l’E.N.F., sur "les Ecoles normales de l’Ardèche", la présence à Privas des deux E.N.  a eu une grande importance pour la vie de la cité.
Et d’abord une importance sur le plan économique : les deux Ecoles Normales avec chacune 3 puis 4 promotions soit de 100 à 150 jeunes gens et jeunes filles, le corps enseignant, les agents, représentent  pour la ville une population qui n’est pas négligeable. Les travaux de construction et d’agrandissement qui vont s’échelonner sur plus d’un siècle, l’entretien des bâtiments, la nourriture des élèves, les achats effectués par les normaliens et les normaliennes dans les commerces privadois apportent aux artisans et commerçants une activité certaine. Le dimanche, le Cours de l’Esplanade est un lieu de promenade animé pour toute la jeunesse privadoise et pour les normaliens et normaliennes qui y croisent les élèves du Collège Classique et du Collège Moderne.

 Souvent issus de milieux modestes la bourse des normaliens ne leur permet pas de fréquenter régulièrement les cafés de la ville mais ils se retrouvent parfois chez Nénette, un café situé sur l’Esplanade ou chez Pontal au Champ de Mars, avec son billard à l'ancienne, et certains vont de temps en temps faire une partie de "longue" au Café du Jardin ou au café Bonnefoy, sur la route de l'Escrinet. Dans les années 1955-60 le Café du Siècle, propriété de la famille Ressayre (1), accueille les réunions de la cellule des Jeunesses Communistes, nous dit Claude Pradal, et il ajoute : « les normaliennes étaient invitées à nos réunions mais elles devaient ruser afin que la Directrice de l’E.N.F., Mademoiselle Mathieu, n’ait pas connaissance de leur présence au Café du Siècle ». Henria Tallon (promotion 1938-1941) se souvient que les normaliens et normaliennes se rendaient parfois au Bois Laville dans un dancing qui s’appelait « La Neuve » et Robert Villa (promotion 1956-1960) confirme que, quelques années plus tard, cette habitude est maintenue : « il nous arrivait de louer une salle, où nous allions danser, route du Moulin à Vent. »

 

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Sur le plan sportif (rugby, foot, hand, basket) les équipes de normaliennes et de normaliens organisent leurs rencontres sur les stades de la ville. En mars 1911 un article paru dans la presse locale nous apprend que la jeune équipe de rugby du Sporting Club Privadois livre son premier match contre l’équipe de l’E.N.G. : « l’Etoile Sportive Normalienne » : à cette époque l’E.N.G. a donc sa propre équipe de rugby.

 

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L'Etoile Normalienne en 1924

Les meilleurs joueurs de l’E.N.G. sont parfois recrutés par les dirigeants du Sporting Club Privadois et, dans les années 50 Jean Tirman, Professeur d’EPS. à l’E.N., gardera les buts de l’équipe de foot du S.C.P.

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Sur le plan culturel normaliens et normaliennes fréquentent régulièrement les deux cinémas de la ville, le ROYAL et l’ODEON, et ils sont également de fidèles spectateurs des représentations théâtrales et des concerts qui sont donnés au théâtre de l’ODEON (aujourd’hui Médiathèque Jacques Dupin).

 

57-Odéon

 

A partir de 1945 la BELLE EQUIPE des normaliens  se produit souvent à Privas : pour la Soirée de Gala du Foyer des Vieux, pour animer les arbres de Noël des Comités d’Entreprises, pour la fête du Sou des Ecoles Laïques… En 1959,dans le cadre des manifestations organisées à l’occasion du jumelage de Privas avec la ville allemande de Weilburg, sous le direction de Madame Broué la Belle.Equipe, associée à la Cantorietta, interprètera sur le perron de lHôtel de Ville « l’Hymne à la Joie ».

 

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Enfin la fête annuelle des Ecoles Normales, qui se déroule dans l’une des deux E.N., s’inscrit dans le calendrier des festivités privadoises. C’est pour la ville et le département la fête de l’Ecole laïque et de nombreuses personnalités sont présentes : Préfet, Conseillers généraux, Inspecteur d’Académie, Inspecteurs Primaires, le Maire de la ville et des Conseillers Municipaux.

Fernand Bourret  Veyras (promotion 1956-60)

JARDIN

C'est en notre absence, à la faveur de la pause estivale, avec la complicité de l'Administration et de ses suppôts, que le crime a été commis. Quand nous sommes revenus de vacances pour attaquer notre 2ème ou 3ème année -je ne me souviens plus-, nous n'avons pu que constater la disparition. Ils avaient osé!  Plus de jardin! Notre beau et grand jardin où croissaient à plaisir l'oseille et la laitue, le poireau et la carotte; notre jardin orné d'un bassin où nous venions contempler les ébats de quelques poissons rouges et qui servait de décor à nos photos; notre jardin ceinturé d'un sentier qui abritait nos déambulations, chaque fois que, en dehors des heures de cours, nous voulions fuir la promiscuité, le bruit et le tabagisme de nos salles pour nous dégourdir les jambes, nous oxygéner, rêver, étudier ou discuter; notre jardin qui s'ornait à une extrémité d'un bouquet d'ifs et à l'autre d'une verrière adossée à l'école annexe; notre potager que nous jugions indispensable et donc éternel avait été remplacé par un stupide terrain de sport, cimenté, goudronné, géométrique, sans arbres, sans verdure et sans âme

 
 
Le jardin à la rentrée 1951 (Photo Claude Barratier)
. Ah, si nous avions été vigilants! Il y avait eu des signes avant coureurs, comme ce début de démontage de la verrière ou cet envahissement progressif des plates-bandes par les mauvaises herbes. Mais soyons sans regrets, le combat était perdu d'avance. Qui d'entre nous aurait osé se dresser contre ces mains criminelles qui arboraient l'étendard du progrès, des loisirs et des bienfaits du sport? Combien auraient eu l'héroïsme de passer pour des réactionnaires, des passéistes et des ploucs en défendant un potager contre l'envahissement du sport -nouvelle divinité- dont nous aurions eu à combattre les dévots et les thuriféraires jusque dans nos rangs? Autant défendre les diligences et les lampes à huile. Il était dit que l'instituteur de demain serait sportif ou ne serait pas. Il était révolu le temps du jardin d'instituteur qui, à côté de chaque école, témoignait autant des qualités pédagogiques que des qualités horticoles du Maître , lequel apportait à son jardin la même méthode, la même patience, le même amour qu'à sa classe. Il était loin le temps de l'Inspecteur Primaire en tournée, jetant un œil sur la tenue du jardin pour prendre une idée du Maître qu'il allait visiter. Désormais, chaque école, aussi petite et campagnarde soit-elle allait s'appliquer à remplacer jardin par terrain de sport; bêches et râteaux par raquettes, filets et ballons. Que ça nous plaise ou non, nous étions entrés dans la civilisation des loisirs. Notre potager de l'E.N. était l'insupportable témoin d'un autre temps. Il fallait qu'il disparaisse.
 
Robert Géal (jaoyeux équipage, 52-56)
 
Quelques années plus tard...
 

 

 

 

                                                                            La Belle Equipe
    
    
    
                                                              chant 21                       chant 21
    
                                      
                 

 

                                                                                  Belle equipe

 

 

                                                                                

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                                 Dagobert 1

1956/57

 

 

 

 

 

Debouts : Saksik, Illy, Rosset, Bourret, Audras,                     

Devant : Sagnes, Villerme, Villa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1958/59

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Accroupis : Fernand Bourret, Illy, Roger Gimbert, André Sagnes ;

Debouts : Robert Villa, Morel, Jean-Claude Girardot, Guy Tenchon, Delhoume.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                               Malborough 1

                                                                           

                                                                         

Quelques représentations exceptionnelles sont restées dans la mémoire des participants. Jacques Ozil se souvenait

d'un gala donné à Valence en 1946 :

"les collégiens de cette ville voulant lancer un journal la Drôme étudiante, organisèrent une soirée au cinéma

le Provence avec la projection en grande

première du film Les voyages de Gulliver. Devant une salle pleine à craquer LA BELLE EQUIPE assura, avec un

orchestre de Valence, la première partie du spectacle : une consécration !"

Le 31 Mai 1964 au théâtre Odéon à Privas LA BELLE EQUIPE passa en première partie du tour de chant de

Jean Ferrat et, en 1967, radio Lyon vint à Privas enregistrer trois chansons qui furent diffusées sur les ondes

de cette station .

 

LA BELLE EQUIPE se joignait parfois à la CANTORIETTA, chorale du Collège Moderne de jeunes filles de Privas,

pour constituer, sous la direction de Madame Broué, un choeur mixte qui, par exemple, se produisit en 1959 sur le perron de l'hôtel de ville à l'occasion

du jumelage de cette ville avec la ville allemande de Weilburg.

 

                  Cantorietta 100

                           Van be

La presse locale rendait souvent hommage à ces "Compagnons" qui, le printemps venu, s'en allaient en tournée

à travers le département.

A Montpezat-Champagne, le Dauphiné Libéré écrit en 1953 :

"…ces Compagnons demeurent égaux à eux-mêmes, tels que nous avions apprécié leurs devanciers dans une

E.N qui nous est chère.

 

Ils se sont déjà classés dans l'élite des groupes artistique. Par leurs chants mimés, par leurs sketches musicaux,

ils se sont acquis la

sympathie et la gratitude du public qui les a applaudis avec tant de ferveur. Leur dynamisme et leur simplicité ont

gagné le coeur de l'assistance."

 

 

                                        Perrine cure

                                        Saint Fortunat Juin 1958

                                                   Equi st fortunat juin 58

                               Ti bo dou dou

 

                                                                Saint Sauveur de Montagut Juin 1957

"

                                    Equi saint sauv juin 57

 

                                                               La Palisse Juin 1954

                   

                                                      Equi juin 54 la palisse

 

                                                                                  Juin 1965

 

                                                       Equi 64 65

    

                                                                               Juin 1960

 

                                                       Equi 60

 

 

 

 

 

MESDAMES, MESDEMOISELLES, MESSIEURS, VOICI...

 

LA BELLE EQUIPE !!!

 

 

 

 

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LA CHANSON DU GALERIEN

 

 

 

Les galeriens 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si le Roi savait ça ISABELLE...

 

 

 ISABELLE si le Roi savait ça... Burton

 

 

 

 

 

 

Nous aussi …hi hi !!!

 

LES RATS L'AVAIENT BOUFFE DIGUEDONDA, DONDAINE.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PERRINE ETAIT SERVANTE

 

 

 

 

Photo archives Nicole Clauzel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                               

 

La Belle Equipe de Jacques Issartel en récital                                                                                                                                              

 

 

 

 

 

 

                                    Douce nuit 1

 

           

 

 

 

  

 

 

 

    

                                           

 

 

 

Premier rang : Issartel, Arnaud, Rouret, Ponsonnet

Deuxième rang : Peyreplane, Michelas, Nogier, Rosset-Roche

 

Filles de la rochelle                   Marie josephe

          Les filles de La Rochelle

 

 

 

 

Photos Archives :

Jacques Issartel

 

 

                                                 

 

 

 

                                                       Lamastre printemps 1953 Fête des Ecoles

 

 

 

                                                                                    Jeannot LapinJeannot lap 2